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Sommaire des Petits éditoriaux web:

le 29 janvier 2001, le 30 juillet 2001, le 11 septembre 2001 (Tchao! Manu Chao!), le 13 septembre 2001 (The Strokes, the Arnaque), le 22 septembre 2001 (L'autonomie des expressions), le 6 janvier 2002 (Communiqué Grob) le 20 janvier 2002 (Les bilans musicaux dopés aux cotillons Inrock) le 17 mars 2002 (Fête de la musique, Le festif obligatoire) le 18 mars 2002 (Cantat et Messier, l'affaire) le 24 mai 2002 (Christophe hiératique, médias à ses bottes) le 5 octobre 2002 (La discographie de Peter Kowald à la Médiathèque)
Christophe hiératique, médias à ses bottes


Pierre Hemptinne

J'ai été subjugué par l'invasion de Christophe dans les médias. Son émergence totalitaire dans les journaux, dans la presse musicale spécialisée, réputée sérieuse ou légère, est surprenante. Si on analysait un peu sérieusement le fonctionnement de l'information culturelle, il devrait y avoir une "affaire Christophe". Elle mériterait une étude approfondie pour déterminer les éléments de cette séduction exercée par un chanteur sans consistance.
C'est peut-être l'exploitation ritualisée d'un certain kitsch qui fait mouche dans la foulée du post-modernisme ? L'approche "second degré" que certains intellectuels affectionnent vis-à-vis de ces phénomènes d'inexpression, histoire de répliquer/résister à la tendance majoritaire plutôt anti-intellectuel, une approche "second degré" qui contribue à la création d'une mode, une tendance ? C'est peut-être aussi l'exploitation raz les pâquerettes d'une certaine nostalgie portée par ces chansons creuses qui finissent, avec le temps, et après matraquage, par faire icônes du passé ?
De la part des médias, surtout aussi de la part du commerce, il y a certainement exploitation organisée de cette nostalgie dégoulinante.

Ce qui est plus surprenant c'est que cette célébration de Christophe, sans fausse note (unanimité dans Le Monde, Libération, Le Soir, Inrockuptibles, ou de la part de hauts responsables culturels qui le programment, comme Mr. Fusilier), envahit les médias quasiment dans la même période où ces mêmes médias se mobilisent contre Le Pen, voire récupèrent cette mobilisation anti Le Pen au profit de la consolidation de leur lectorat (sur ce sujet, article en préparation !). Parce que la récupération de tels mouvements populaires n'est pas l'exclusive de la classe politique, pas plus que la démagogie sur l'insécurité qui conduit aux détournements des thématiques les plus délicates et favorisent les votes les plus irrationnels.

Pourquoi ce rapprochement entre l'engouement Christophe et la levée de boucliers médiatiques anti-Le Pen est-il surprenant ?
Parce qu'il y a quelques années, Christophe chantait dans et pour la campagne électorale de Le Pen. Aujourd'hui, personne n'en dit rien.
Coïncidence, irresponsabilité de "l'artiste" ? C'est un peu vite conclure. Les contenus complètement "beauf" des chansons de Christophe vont bien avec le décor lepéniste. Ce n'est pas un "second degré" qui peut dissimuler ça aux yeux de la critique.

J'ai bien lu les journalistes qui se sont ébahis sur la "grandeur" du dernier spectacle de Christophe. Enorme, impressionnant, décalé ! ? L'erreur est peut-être d'y voir une volonté délibérée de jouer avec l'esthétique kitsch ! ?
Ce côté impressionnant dans la mise en scène, cette ritualisation énorme et distancée, ce hiératisme dans l'exploitation scénique, toute ce gigantisme de pacotille destiné à en jeter, tout ça, rien qu'à le lire et voir les photos et reportages, a quand même beaucoup d'accointance avec la pompe qu'affectionne la spectacularisation de l'extrême droite, non ?

Si la manière de constituer l'information sur les faits de société et sur les expressions, est capable d'un côté de s'insurger contre l'extrême droite et de l'autre d'encenser des spectacularisations émotives qui alimentent le fond de commerce de l'extrême droite, on est en droit de se dire que nos systèmes d'information n'ont plus aucun sens critique, et que le journalisme, tout comme la classe politique, n'a pas compris le message, et continue à informer au service de l'irrationnel et de la démagogie.


Pierre Hemptinne
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Disco Graphie - n26 Disco Graphie n°26
Les lieux du crime

"SOMMAIRE IN PROGRESS"

Sommaire : Editorial - Pierre Hemptinne. Ce que l'on écoute - Alberto Nogueira (A suivre...) Consommation et démocratie - Alberto Nogueira (A suivre...) Lieux du crime: quelle prévention? Par exemple: en parler dans les écoles artistiques! - Pierre Hemptinne. "Seule dans les chants". Un CD solo de Joane Hétu, saxophone alto, voix, paroles et musique. - Pierre Hemptinne. Discographie de Joane Hétu Expression singulière et monde commun (Sur le saxophone solo) - Luc Lebrun Le bruit du monde - Luc Lebrun

Disco Graphie: "La revue Anti-fun".

Août 2002.

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